Kehricht et Gebührensack : que mettre dans les ordures ménagères ?
En Suisse, le déchet résiduel — appelé ici Kehricht — est généralement éliminé dans le Gebührensack officiel de la commune. Le sac coûte plus cher qu'un sac poubelle ordinaire, et c'est bien cela le but : qui trie, économise. Ce guide explique comment fonctionne le système, ce qu'on y met, les interdictions et pourquoi il n'y a pas de règles unifiées à l'échelle du pays.
Le principe suisse : le Gebührensack
Contrairement à beaucoup de pays où l'enlèvement des ordures est financé par l'impôt ou une redevance forfaitaire, la Suisse applique le principe du pollueur-payeur : plus on produit de Kehricht, plus on paie. L'application se fait par le Gebührensack — un sac poubelle officiel de la commune, dont le prix couvre déjà les frais d'élimination. Selon les tailles et la commune, un sac coûte environ 1,50 à 3 francs ; les formats courants sont les sacs de 17, 35 et 60 litres.
On trouve les sacs à chaque caisse de supermarché — ils ne sont pas en libre-service dans le rayon, mais doivent être demandés expressément. Point important : chaque commune et syndicat d'élimination a ses propres sacs, et seuls ceux-ci sont repris. Un sac de la commune voisine ou un simple sac noir de supermarché n'est pas ramassé. Dans certaines régions — par exemple en Suisse orientale —, on pose plutôt une vignette sur un sac quelconque ; le principe reste le même.
Ce qui va dans le Kehricht
Le Kehricht est la solution de dernier recours pour tout ce qui ne peut ni être recyclé, ni composté. En règle générale, on y met :
- Produits d'hygiène : couches, serviettes hygiéniques, cotons-tiges, rasoirs et brosses à dents.
- Déchets ménagers : sacs d'aspirateur et leur contenu, cendres froides, litière pour chats, excréments d'animaux, mégots et chewing-gum.
- Emballages et restes souillés : plastiques et papiers fortement souillés qui ne sont plus recyclables, ainsi que les restes d'aliments surgelés si la commune ne propose pas de collecte des déchets de cuisine.
- Petits objets cassés : vaisselle brisée, porcelaine, verres et petits objets ménagers défectueux en plastique.
Règle générale : avant de mettre un objet dans le Gebührensack, vérifiez rapidement s'il ne devrait pas être mis en filière de collecte gratuite ou moins chère — papier, carton, PET, verre, métal ou Grüngut. Chaque matière récupérée allège le sac de Kehricht et diminue l'addition.
Ce qui ne va pas dans le Kehricht
La Suisse trie rigoureusement, et de nombreux cantons ont expressément inscrit dans leurs règlements l'interdiction d'éliminer les matériaux avec le Kehricht. En cas d'erreurs de tri répétées, on risque que son sac ne soit pas repris — ou une amende s'il se fait repérer.
- Matériaux récupérables : papier, carton, bouteilles de boissons en PET, verre, aluminium et fer-blanc vont aux collectes séparées.
- Grüngut : déchets verts et en principe aussi les restes de cuisine sont compostés ou digérés séparément.
- Appareils électriques : du grille-pain au téléviseur, la reprise s'applique — les enseignes acceptent gratuitement les appareils retournés, sans même un nouvel achat.
- Déchets spéciaux : peintures, vernis, solvants, produits chimiques, médicaments, huile et piles vont à la collecte des substances nocives ou retournés au magasin.
- Encombrants : meubles, matelas et tapis sont enlevés séparément ou amenés au point de collecte.
Différences cantonales : pourquoi le système n'est pas unifié par le pays
En Suisse, l'élimination des ordures relève des communes et des cantons — il n'y a pas de système national uniforme. Cela se voit partout : le prix du Gebührensack diffère d'une commune à l'autre parfois sensiblement, certaines régions utilisent des vignettes au lieu de sacs, d'autres font appel à des conteneurs qui s'ouvrent au moyen d'une carte à puce et sont facturés selon le poids.
La fréquence d'enlèvement est aussi réglée localement : alors qu'à Zurich, le Kehricht est repris plusieurs fois par semaine, les communes rurales suivent souvent un rythme de 14 jours. Le calendrier des ordures de sa propre commune — on y trouve aussi quand les encombrants, le Grüngut et le papier sont enlevés. En cas de déménagement vers une nouvelle commune, il vaut donc toujours la peine de consulter d'abord au règlement local.
Conseils pratiques pour le quotidien
Achetez vos Gebührensäcke de préférence dans votre commune de résidence — un sac du canton des vacances ne sera pas repris chez vous. Ne remplissez pas trop les sacs : les sacs surchargés ou déchirés peuvent être laissés à l'enlèvement, et la plupart des règlements prévoient un poids maximal, souvent de 10 à 20 kilogrammes. Déposez les sacs seulement la veille ou le matin du jour d'enlèvement — trop tôt, ils attirent renards, corbeaux et martres ; dans certaines communes, on les considère comme des infractions à la propreté.
Qui dispose de l'espace trie mieux au plus près, directement en cuisine : un petit espace réunissant le PET, le carton et le Kehricht évite les mauvaises mises. Et afin que vous ne ratiez plus jamais le jour d'enlèvement dans votre commune, BinMinder vous envoie une notification gratuite la veille au soir.
Les déchets acceptés, les contenants et les modalités de collecte varient selon la localité. Consultez les consignes officielles pour votre adresse.